Rassemblement régional de l’ACAT – 17 Novembre

Le thème de cette journée portait sur l’eau.

Père Robert a assuré la préparation de l’homélie qui a clôturé cette journée. Elle a été lue par Nathalie C. responsable oecuménique pour le Forez et acatienne montbrisonnaise, coordinatrice générale de l’ACAT. Père Robert était absent pour baptiser sa petite fille.

Un grand merci à Nathalie C., ainsi qu’à Olivier J. et André R., responsables du groupe stéphanois de l’ACAT de penser à notre chapelle gallicane pour leurs moments de prières.

Notre chapelle est solidaire des actions de l’ACAT, action des chrétiens pour l’abolition de la torture, c’est pourquoi nous retranscrivons ici ce moment fort de l’année des acatiens.

Première lecture : JÉRÉMIE 17, 5-14, Béni, l’homme qui compte sur le SEIGNEUR

Psaume : PSAUME 22, le Seigneur est mon berger

Évangile : ST-JEAN 7, 37-39 (version TOB)

Le dernier jour de la fête (des Tentes), qui est aussi le plus solennel, Jésus, debout, se mit à proclamer : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi. Comme l’a dit l’Écriture : “De son sein couleront des fleuves d’eau vive.” » Il désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n’y avait pas encore d’Esprit parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.

Homélie :

Les paroles prononcées au cours d’une célébration de prière ne sont pas simplement jetées au vent du temps qui passe. Elles portent la réalisation de ce qu’elles expriment. Dire les choses dans le cadre d’une célébration c’est déjà les accomplir. Nos prières sont faites pour rendre visible ce qui ne l’est pas encore. Prier c’est construire le cadre de ce qui doit venir. Dans cet échange avec le Divin, il y a cette demande : Seigneur, étanche ma soif. Donne-moi à boire cette eau vive qui nous comble au-delà de tout.

Pour nous chrétiens, chaque évocation de l’eau, thème central de cette journée, nous replace immanquablement au cœur des Écritures. L’eau évoque bien sur le sacrement du baptême. Partagé et reconnu par toutes les communautés chrétiennes, il est le symbole vivant de l’oecuménisme qui nous unit. L’eau est à la fois cette nature précieuse qui irrigue la terre et cette source vivifiante de l’Esprit de Dieu. Oui Dieu est notre source toujours et encore. Le climat qui se modifie si rapidement, rend cette image encore plus présente à notre réflexion. Cette eau qui commence à manquer jusque dans nos départements, ce n’est plus un fait lointain mais cela devient notre réalité. 

Au cœur des engagements de l’ACAT, il y a la lutte pour les défenseurs opprimés de l’environnement. L’eau devient un objet politique et sociétal fort. Dans certaines régions du monde l’eau est devenue un enjeu majeur. Sa disparition provoque des luttes qui entrainent injustices et abus de pouvoir. Des centaines de milliers de personnes sont forcées de quitter leur maison et leur terre, car la vie quotidienne devient impossible. Les violences qui accompagnent le manque d’eau s’ajoutent aux autres injustices.

Ces situations documentées par les rapports de l’ACAT nous questionnent au plus profond de ce que nous sommes. Confronté à la violence de ce monde qui semble se déliter de toutes parts, il nous reste encore plusieurs réponses possibles. 

Si nous laissons de côté l’indifférence, la colère ou la violence, la première réponse possible c’est l’action. C’est-à-dire ce réflexe qui nous pousse à agir ou à réagir selon les configurations. Au cœur de l’ACAT, bien sûr il y a l’action. Mais l’action peut s’user et nous confronter parfois à l’isolement et au doute. Elle peut se heurter à l’immensité de la problématique à résoudre. Et le désespoir peut venir se glisser alors au cœur même de l’action. Il fait souffler en nous des idées de découragement et d’abandon. 

La seconde réponse, pour nous chrétiens, c’est la prière. C’est-à-dire le ressourcement auprès de Dieu. Au cœur de la prière il y a cette rencontre. Il y a une source d’eau vive qui est dans l’Esprit Saint et c’est Jésus lui-même qui nous le dit dans cet Évangile :

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi. » 

Au cœur de ce Rassemblement Régional de l’ACAT, à Saint Etienne, il y a notre engagement pour plus de Justice et de Dignité pour notre humanité. Au cœur de cette célébration ACAT, il y a notre aspiration pour diviniser notre monde.

Dans cette célébration, le psaume 22 exprime notre espérance ravivée et l’assurance d’être guidé par le Seigneur. « près des eaux du repos, il me mène, il me ranime. Il me conduit par les bons sentiers, pour l’honneur de son nom. »

La première lecture du prophète Jérémie nous dit « Béni, l’homme qui compte sur le Seigneur : le Seigneur devient son assurance. Pareil à un arbre planté au bord de l’eau qui pousse ses racines vers le ruisseau, il ne sent pas venir la chaleur, son feuillage est toujours vert ; une année de sécheresse ne l’inquiète pas, il ne cesse de fructifier. »

Ces mots portent la réponse de confiance qui est au fond de nous. C’est sur eux que nous pouvons fonder véritablement notre action au cœur de l’ACAT. Ils ne sont pas simplement l’écho de textes anciens. Ces mots s’adressent directement à nous, dans la plus haute élévation de l’âme humaine. Ils ne parlent pas d’hier mais ils parlent de demain. Ils sont l’expression du monde nouveau auquel nous aspirons pour les nouvelles générations. Ces mots sont à la fois notre demande et notre ressourcement. 

Nos prières et nos « combats » ne sont pas séparés, ils sont l’expression d’un seul et même engagement. Les textes et les chants de cette célébration sont tendus vers cette unité. Ils sont une expression de notre témoignage pour la défense des opprimés. 

Avec l’action, nous luttons contre le monde, tel qu’il est, dans ses désordres et ses tyrannies. Dans la prière, nous puisons, en Dieu, le projet du monde, tel qu’il sera, en sa bienveillance et sa Justice. Action et prière sont les deux racines de notre équilibre, sur le fil tendu par l’ACAT et c’est Dieu qui nous tient debout et agissants.

Ainsi soit-il.

Père Robert Mure

Ce contenu a été publié dans Homélies, Oecuménisme, Vie de la chapelle, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.