Homélie : Fête de l’Ascension (2012)

En ce jour de l’Ascension, L’Eglise fête le triomphe du Christ dans son retour glorieux au ciel. Elle fête en même temps le triomphe de l’humanité qui sera unie à sa Gloire. L’Eglise écoute aussi les dernières consignes que le Christ lui a laissées:

« en attendant que je revienne vous chercher, soyez mes témoins »

La joie pascale arrive à son sommet. Le Christ est, depuis le jour de Pâques, vainqueur de la mort. Aujourd’hui victorieux, Il entre dans le ciel et siège à la droite de Dieu.

La fête de l’Ascension est pour tous les chrétiens, une émotion très forte, car elle est l’accomplissement de tout ce qui s’est passé depuis l’entrée dans le Carême.

La célébration de chaque messe se fait aussi en souvenir de ces trois temps que sont :

– La Passion   –   La Résurrection   –   L’Ascension

car ces trois temps représentent le coeur de notre Foi et de notre Espérance. Les paroles de la messe de Gazinet, lors de l’Offertoire sont une invitation à méditer en nos coeurs ce chemin  tracé par le Christ et bénéfique à nos âmes.

“O Dieu, daigne bénir cette offrande que nous te présentons, en mémoire de la Passion de la Résurrection et de l’Ascension de  Jésus Christ”

Aujourd’hui est comme une date anniversaire et ces paroles prennent un sens plus fort, un sens plus précis, un sens plus actuel, car nous sommes dans un accord parfait sur le plan cosmique, ce rythme “cosmique spirituel” que l’Eglise nomme le cycle Temporal. Ces dates sont articulées autour de la fête mobile de Pâques. C’est un cycle Vivant qui se matérialise dans notre vie quotidienne: 40 jours après Pâques, pour nous faire vivre “la quarantaine”, symbole de transformation de l’homme depuis la résurrection du Christ.

Cette fête de l’Ascension 2012, nous donne de revivre la même émotion que celle vécue par les apôtres. En ouvrant notre âme à la réalité de l’Evangile de ce jour, ces paroles se sont pas une histoire lointaine. Ces paroles deviennent vivantes, elles deviennent actuelles, elles sont éternelles.

Soyons attentif, à ce qu’il nous est proposé de vivre dans cette messe, car c’est une véritable expérience spirituelle que nous offre la Liturgie de Gazinet et plus particulièrement dans la messe de ce jour. L’image du Christ en Gloire qui orne l’autel de cette chapelle représente l’expression parfaite de cette dimension à laquelle tout homme et toute femme est appelé à participer.

Je veux aussi vous parler de cette joie extraordinaire de toutes les hiérarchies célestes en ce jour. Le Christ revient dans sa patrie céleste, revêtu de notre humanité. Il s’est fait homme et, en ce jour il nous fait participer à sa Gloire divine. Il nous montre la voie nouvelle qu’il trace pour nous et il nous dit que la place de l’Homme se situe avec lui auprès du Père. Avec la chute d’Adam et Eve, l’humanité s’est retrouvée séparée de Dieu, séparée de cet état de fusion avec le Père, séparée de cette dimension divine et séparée de l’Amour… et elle n’a de cesse de le retrouver.

L’histoire religieuse de l’humanité passe par les prophètes  et par une longue et difficile quête d’absolu. Elle passe par le naissance du Fils unique de Dieu, vrai homme et vrai Dieu. Elle passe par cette victoire du Christ sur la mort. Ce Christ qui par sa résurrection et son ascension nous réintègre dans la dimension divine. Dans ce retour, il entraine avec lui toutes les âmes des justes qu’il a délivré de leur prison de ténèbres. Toutes les prières propres à ce jour nous décrivent la même liesse car le Christ fait voler en éclat les limites humaines. C’est ce triomphe sur la mort, sur satan, sur la fermeture du monde qui réjouit les assemblées célestes au delà de toutes descriptions possibles.

Enfin pour conclure, il faut revenir sur ces paroles des anges s’adressant aux apôtres : “Ne restez pas là à regarder le ciel… allez par le monde entier  annoncer l’Evangile..” C’est cette nouvelle dimension qu’il nous est donné de découvrir, même si, comme les apôtres nous ne comprenons pas encore ce qui se passe ou plûtot ce qui nous dépasse.

Annoncer l’Evangile… et le vivre au quotidien dans nos paroles et nos gestes.

Mettre en oeuvre, dans nos actions et rencontres de tous les jours, les charismes qui sont donnés aux hommes par l’Esprit et vivifiés par l’Eglise.

L’ascension est une ouverture pour chacun de nous sur le reste de l’année liturgique et notamment sur la fête de Pentecôte qui arrive bientôt. La présence de l’Esprit Saint va nous redonner les outils pour avancer sur notre chemin: L’ascension nous découvre la vision de cette destinée céleste qui s’offre à nous, la Pentecôte nous en donne les moyens: les Dons de l’Esprit Saint.

Bien chers tous, que la promesse de la prière de Collecte soit pour vous, dans cette messe, une réalité bienfaisante:

“Dieu tout-puissant, puisque notre foi nous dit qu’en ce jour votre Fils unique, notre Rédempteur est monté jusqu’au ciel, accordez nous de vivre nous aussi en Esprit, dans la demeure du ciel.”

Père R.Mure

Epître : Actes des Apôtres 1, 1-11

Dans mon premier livre, j’ai raconté tout ce que Jésus a fait et enseigné dès le début jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel. Avant d’y monter, il donna ses instructions, par la puissance du Saint-Esprit, à ceux qu’il avait choisis comme apôtres. En effet, après sa mort, c’est à eux qu’il se montra en leur prouvant de bien des manières qu’il était vivant : pendant quarante jours, il leur apparut et leur parla du Royaume de Dieu. Un jour qu’il prenait un repas avec eux, il leur donna cet ordre : « Ne vous éloignez pas de Jérusalem, mais attendez ce que le Père a promis, le don que je vous ai annoncé. Car Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés avec le Saint-Esprit . » Ceux qui étaient réunis auprès de Jésus lui demandèrent alors : « Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétabliras le royaume d’Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de savoir quand viendront les temps et les moments, car le Père les a fixés de sa seule autorité . Mais vous recevrez une force quand le Saint-Esprit descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde . » Après ces mots, Jésus s’éleva vers le ciel pendant que tous le regardaient ; puis un nuage le cacha à leurs yeux. Ils avaient encore les regards fixés vers le ciel où Jésus s’élevait, quand deux hommes habillés en blanc se trouvèrent tout à coup près d’eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui vous a été enlevé pour aller au ciel, reviendra de la même manière que vous l’avez vu y partir. »

Evangile selon Saint Marc 16, 14-20

Enfin, Jésus se montra aux onze disciples pendant qu’ils mangeaient ; il leur reprocha de manquer de foi et de s’être obstinés à ne pas croire ceux qui l’avaient vu vivant. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier annoncer la Bonne Nouvelle à tous les êtres humains. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné. Et voici à quels signes on pourra reconnaître ceux qui auront cru : ils chasseront des esprits mauvais en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; s’ils prennent des serpents dans leurs mains ou boivent du poison, il ne leur arrivera aucun mal ; ils poseront les mains sur les malades et ceux-ci seront guéris. » Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Les disciples partirent pour annoncer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur les aidait dans ce travail et confirmait la vérité de leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient.

 


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