La formation des religieux dans l’Église gallicane de Gazinet repose sur un enseignement en relation en grande partie avec la dimension de chacun des ordres donnés. C’est avant tout un travail intérieur qui modifie le plan personnel. Il convient d’en comprendre la réalité. La relation aux autres et la relation à Dieu en sont aussi modifiées et enrichies.
Chacune et chacun peut vivre ce temps de formation ou de préparation de façon très différente dans la prière personnelle comme celle de sa communauté. Une ordination n’est pas l’aboutissement d’études théologiques mais le commencement du travail à accomplir. Recevoir une ordination est pour nous une ouverture vers une disposition spirituelle nouvelle. L’Esprit de Dieu « infusé » par l’évêque sur le postulant lui confère un charisme qu’il doit développer. Lorsque le sacrement est donné, personne ne sait ce qui adviendra par la suite. L’évêque donne le sacrement en confiance et le postulant doit accepter d’accueillir en lui cette grâce céleste et la mettre en oeuvre au quotidien.
Nous avons avec Colette fait le choix d’un « temps long » d’un an entre chaque ordination. Durant cette période nous avons approfondi le contenu de chaque ordre en relation avec la liturgie complète d’une année. La liturgie de Gazinet porte une dimension « opérative » que chacun reçoit à son rythme et qu’il convient de découvrir. Des documents divers sont mis à disposition des postulants selon l’ordination donnée (recommandations de lecture dont le Nouveau Testament, certains écrits des Pères de l’Église, les écrits des évêques gallicans, Mgr Giraud, Mgr Ducasse Harispe, Mgr Truchemotte et Mgr Teyssot)
À l’époque nous avions une lettre par semaine adressée par notre évêque à tous les religieux puis des échanges selon les demandes (mails ou téléphone). Au niveau local, nous avions des échanges tous les mois avec les autres religieux, plus 2 rencontres par an, dont le synode à Bordeaux. A titre personnel, nous avons suivi aussi de façon libre les enseignements chrétiens de Mgr R. Payeur (Église Catholique Apostolique du Brésil pour le Canada) et d’autres formations qui nous semblaient complémentaires.
Au bout de chaque année, l’évêque décide ou non de faire passer le postulant à un nouvel ordre. Il « sonde le cœur » des postulants et pose aussi la question du besoin de la communauté ou du groupe où évolue le postulant, pour prendre sa décision.
Nous avons partagé la vie d’une chapelle gallicane pendant 5 ans comme paroissiens, puis 5 ans comme membres du bureau, ce temps « informel » est essentiel pour entrer en intimité avec son Église. Puis nous avons été invités à aller plus loin dans notre engagement et suivre les ordinations durant à nouveau 7 ans. Tout d’abord les 4 ordres mineurs, puis l’entrée dans les ordres majeurs avec le geste d’un pas en avant (sous-diaconat). Notre souvenir le plus fort étant l’ordination au diaconat pour Colette et au sous-diaconat pour Robert, allongé tous les deux, côte à côte devant l’autel.
La seconde partie de la formation intervient avec la création véritable d’une chapelle avec sa communauté gallicane propre. Il faut alors intégrer le rapport aux paroissiens et s’inscrire dans un temps plus long en mettant en œuvre tous les aspects de toutes les ordinations reçues. Cette étape permet de confronter tous les aspects spirituels avec la dimension matérielle d’un fonctionnement au quotidien : payer le local, le chauffage et l’électricité, libérer du temps sur ses loisirs et conduire sa vie professionnelle et familiale en même temps (3 enfants et entreprise libérale de 5 employés).
Enfin la dernière partie de la formation consiste enfin à tenir contre vents et marées, sur des dizaines d’années, sans renier les engagements du début et aussi avec un peu de chance pour « survivre » aux difficultés. Il faut apprendre tout ce qui change autour de soi et ce qui perdure. Il faut parfois changer de façon de faire et parfois tenir bon sur certains points même si c’est à contre-courant. Il faut accepter de voir partir les premiers soutiens (parfois après leur avoir administré l’extrême-onction), accueillir les nouveaux baptisés et les mariés ainsi que toutes celles et ceux qui cherchent la Maison de Très-Haut. Il faut rester à l’écoute du Divin, de soi, des autres pour toujours apprendre et transmettre (partage biblique, conférences, journées portes ouvertes, interventions sur RCF, réunion œcuméniques, participation à des œuvres chrétiennes (chorale œcuménique, Eglise verte, ACAT, Nuit des veilleurs, journée mondiale de prière…).