Homélie : Célébration Pâques 2012

Homélie Célébration de Pâques.

Au matin de Pâques, le tombeau du Christ est vide, Marie Madeleine témoigne de la résurrection de Jésus. Les paroles prononcées depuis 3 ans par le Christ prennent alors tout leur sens pour les apôtres qui les avaient entendues mais ne les avaient pas toujours comprises.

Nous sommes nous aussi incrédules face à ce qui se passe et notre intelligence d’homme ou de femme ne peut appréhender un tel mystère. Comme les disciples d’Emmaüs, il nous est difficile de reconnaitre le Christ qui chemine avec nous, alors Jésus explique le sens des écritures, tout ce qui devait s’accomplir, comment les écritures prennent forme et comment le Christ qui se fait homme en revêtant notre humanité, nous ouvre à une Nouvelle Vie.

Par sa naissance, sa mort, sa résurrection et son ascension, il change la perspective de l’humanité toute entière :

“Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu” (Saint Irénée, Patron de l’Eglise Gallicane). 

Le Christ est mort sur la croix non pas seulement pour porter les péchés des hommes mais en les portant, les effacer et nous faire accéder à une autre vie, nous ouvrir une voie nouvelle non pas dans la chair mais une vie dans l’esprit.

L’homme est composé de 3 dimensions :

  • le corps – dimension physique et matérielle
  • l’âme – dimension relationnelle et émotionnelle
  • l’esprit – dimension sprituelle et céleste

Le corps et l’âme sont liés et le corps est le support de l’âme, de même l’âme est liée à l’esprit dont elle est le support. Lorsque le corps meurt, l’âme ne meurt pas mais elle quitte le corps. Cependant l’âme n’est pas immortelle et ce qu’il faut redouter c’est la mort de l’âme… Le Christ nous ouvre la voie par le baptême à cette vie nouvelle où l’âme peut s’unir pleinement à l’esprit. Par cette union parfaite, l’âme vit par lui, avec lui et en lui.

C’est de cette “pâte nouvelle, ce pain sans levain” dont nous parle St Paul dans l’Epitre de ce jour. Nous sommes ce pain azime et le Christ est notre levain. Ainsi par Lui nous sommes transformés pour nous faire naître à une vie spirituelle, tournée vers une autre réalité.

Le Christ par sa mort et sa résurrection nous donne les clés d’un autre monde, celui de la Vie Eternelle… Pâques représente un nouveau départ car la vie ne s’arrête pas avec la mort de notre corps physique. La mort n’est qu’un passage vers une autre vie. Comme le corps, l’âme et l’esprit sont intimement liés, le message de la Résurrection nous apprend que la vie éternelle commence ici et maintenant. Avec le matin de Pâques, notre âme doit s’ouvrir à cette réalité, il n’y a pas que les passions du monde qui la font vibrer… la Vie avec un V majuscule se propose à nous.

La prière, la méditation, les célébrations et la messe sont des instants et des lieux privilégiés pour accéder à cette autre réalité. La Vie Nouvelle, c’est la source de l’esprit où celui qui boira n’aura plus jamais soif. Notre âme, conduite par l’égo, n’est jamais satisfaite car notre vie matérielle ne peut étancher cette soif qui réclame encore et encore son dû. En s’ouvrant à la dimension de l’Esprit, la source que nous y trouvons, nous comble et nous rassasie car nous touchons à l’essentiel dans son accomplissement parfait. Notre âme retrouve alors sa raison d’être.

Cette ouverture, ce passage (la Pâques commémore pour le peuple juif, le passage de l’esclavage des égyptiens à la liberté) nous fait passer, nous Chrétiens, dans la Liberté de Dieu. Nous ne sommes plus esclaves de la mort, nous sommes libres avec le Christ. La difficulté de cet enseignement et de ces paroles, c’est que nous les avons entendus depuis trop longtemps sans forcément les comprendre. Elles sont comme recouvertes d’un voile qui nous empêche de voir la réalité des choses. Cette réalité spirituelle, nous voulons aussi trop souvent l’aborder avec les outils propres de l’intelligence humaine, à savoir, le calcul savant, le raisonnement cartésien, philosophique ou théologique. Il faut changer notre approche et s’ouvrir à cette réalité spirituelle avec les yeux et les oreilles du coeur. Il ne faut pas analyser une problématique extérieure, mais vivre les paroles de l’Evangile et les faire vivre au quotidien en nous et autour de nous.

Cette vie nouvelle, n’appartient pas en propre, aux gallicans, aux catholiques ni même aux chrétiens mais elle est universelle et concerne toute l’humanité. La Résurrection à la fin des temps s’adresse à chacun de nous en particulier mais aussi à l’humanité toute entière, car un seul ne se sauvera pas tout seul.

Je nous souhaite la grâce que cette messe de Pâques touche notre âme afin qu’elle s’ouvre à ce mystère de la Résurrection pour déjà nous faire naître à une vie nouvelle ici et maintenant.

Amen

Epître: Première lettre de St Paul aux Corinthiens 5, 7-8

7 Purifiez-vous donc ! Éliminez ce vieux levain pour que vous deveniez semblables à une pâte nouvelle et sans levain. Vous l’êtes déjà en réalité depuis que le Christ, notre agneau pascal, a été sacrifié. 8Célébrons donc notre fête, non pas avec du pain fait avec le vieux levain du péché et de l’immoralité, mais avec le pain sans levain de la pureté et de la vérité a .

Lecture du Saint Evangile selon Saint Marc, chapitre 16, 1- 7

16 1 Quand le jour du sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles parfumées pour aller embaumer le corps de Jésus. 2 Très tôt le dimanche matin, au lever du soleil, elles se rendirent au tombeau. 3 Elles se disaient l’une à l’autre : « Qui va rouler pour nous la pierre qui ferme l’entrée du tombeau ? » 4 Mais quand elles regardèrent, elles virent que la pierre, qui était très grande, avait déjà été roulée de côté. 5 Elles entrèrent alors dans le tombeau ; elles virent là un jeune homme, assis à droite, qui portait une robe blanche, et elles furent effrayées. 6 Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ; vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qu’on a cloué sur la croix ; il est revenu de la mort à la vie, il n’est pas ici. Regardez, voici l’endroit où on l’avait déposé. 7 Allez maintenant dire ceci à ses disciples, y compris à Pierre : “Il va vous attendre en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit”.

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