Méditation pour le Temps du Carême

Le Psaume 91 donne l’Esprit du Carême. Il se lit lors de la célébration du premier Dimanche de carême et nous place dans la confiance en Dieu.

Le carême n’est pas un temps de privations pour la privation, mais un temps de retournement sur soi par la “mise à distance” du monde matériel afin de valoriser la dimension spirituelle en l’homme.

Dans le silence que nous installons ainsi volontairement dans nos vies en faisant cesser l’agitation du monde, les paroles du Psaume 91 nous placent dans l’élément essentiel du Carême, la confiance dans le Très Haut.

Comme toute lecture biblique le texte n’est pas à prendre à la lettre mais à comprendre selon l’Esprit… Bonne méditation

Psaume 91

A l’abri chez le Dieu très-haut

Qui se place à l’abri auprès du Dieu très-haut
et se met sous la protection du Très-Grand, celui-là dit au Seigneur:

“Tu es la forteresse où je trouve refuge, tu es mon Dieu, j’ai confiance en toi.”

C’est le Seigneur qui te délivrera
des pièges que l’on tend devant toi
et de la peste meurtrière. Il te protègera, tu trouveras chez lui un refuge, comme un poussin sous les ailes de sa mère.
Sa fidélité est un bouclier protecteur. Tu n’auras rien à redouter:
ni les dangers terrifiants de la nuit, ni la flèche qui vole pendant le jour, ni la peste qui rode dans l’obscurité,
ni l’insolation qui frappe en plein midi. Oui, même si ces fléaux font mille victimes près de toi
et dix mille encore à ta droite, il ne t’arrivera rien. Ouvre seulement les yeux et tu verras comment Dieu paie les méchants.

“Oui, Seigneur, tu es pour moi un refuge”
Si tu as fait du Très-Haut ton abri, aucun mal ne t’atteindra,
aucun malheur n’approchera de chez toi. Car le Seigneur donnera l’ordre à ses anges de te garder où que tu ailles. Ils te porteront sur leurs mains pour éviter que ton pied ne heurte une pierre. Tu marcheras sans risque sur le lion ou la vipère,
tu pourras piétiner le fauve ou le serpent.”

“Il est attaché à moi, dit le Seigneur,
je le mettrai donc à l’abri;
je le protègerai parce qu’il sait qui je suis.

S’il m’appelle au secours, je lui répondrai.
Je serai à ses côtés dans la détresse,
je le délivrerai, je lui rendrai son honneur.

Je lui donnerai une vie longue et pleine,
et je lui ferai voir que je suis son sauveur.

Petite réflexion pour guider la prière de carême:

Homme, souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière.

“Cette parole marque la célébration du mercredi des cendres dans la liturgie gallicane. Un geste particulier est posé en ce jour, par le célébrant : il trace une croix sur le front de chaque fidèle avec la cendre des Rameaux bénis l’année précédente. Ainsi ce rituel introduit le début du Carême.

Lorsque le feu a fini de consumer la totalité d’une buche il ne reste que des cendres. Les cendres posées à notre front en ouverture du Carême représentent le symbole de l’âme brulée par des passions terrestres. Le feu s’est retiré et il reste un peu de poussière, rien de plus. Avec cette symbolique, nous sommes projeté brutalement face à notre propre mort.

Ce geste est une provocation destinée à nous faire réagir “ô mort où est ton aiguillon” disait Saint Paul. Et le Carême est notre réaction face à ce défi : comment échapper à cette issue inévitable?

“N’accumulez pas des réserves sur la terre : ici bas la rouille et les mites exercent leurs ravages et les voleurs viennent cambrioler. Accumulez plutôt des trésors dans le ciel : là-haut il n’y a ni rouille ni mites qui rongent, pas de voleurs qui viennent cambrioler. Là où se trouve ton trésor, là aussi est ton coeur.” (Matthieu 6 18-21)

Le Christ dans l’Evangile du jour nous propose une autre voie pour échapper à ce destin de poussière et de cendre. Placer son trésor sur une autre dimension, c’est faire vibrer son âme sur des harmonies célestes et divines et non pas se laisser engluer dans des vibrations uniquement terrestres. Le Christ nous invite à une élévation de l’âme afin de nous placer sur une nouvelle orbite. C’est tout le sens de ce Carême qui commence, nous faire passer de notre humaine horizontalité à une divine verticalité.

“Dieu s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu” disent les Pères de l’Eglise. Le Carême est cet appel à l’essentiel, cet appel à nous tourner vers cette dimension céleste qui est en nous, mais trop souvent oubliée et délaissée. Le quotidien terrestre est si prenant qu’il occupe toute la place dans notre corps et notre âme, de même qu’il nous coupe de l’esprit. La messe de Gazinet demande “Et ne permet pas (Seigneur) que nous soyons jamais séparé de Toi”, car notre véritable echec se situe là, nous laissons les activités et les passions du monde occuper tout l’espace de nos vies et nous sommes ainsi éloignés de Dieu.

Le Christ en gloire au dessus des autels gallicans nous invite à le rejoindre et à nous assoir à ses côtés. Le Carême ne doit pas être vécu comme un temps de privation et de renoncement, il est avant tout un temps de plénitude à Dieu. Un temps d’ouverture à une dimension céleste qui doit envahir notre âme et laissez couler dans nos veines, la sève divine du Verbe. Ce trésor dont parle le Christ, c’est celui de la prière divine, celui de la charité et celui de l’amour désintéressé.

Le temps du Carême est une richesse extraordinaire sur le plan spirituel. Prenons un peu plus de temps qui nous est si précieux, pour le consacrer à notre trésor spirituel. Plus qu’à l’ordinaire, durant ces quarante jours mettons nous à l’écoute de la Parole de Dieu. Les Epîtres et les Evangiles portent les valeurs fondamentales qui structurent les exigences de la vie des hommes lorsqu’ils se tournent vers Dieu. Ne renonçons pas à ce trésor, ne laissons pas les modes nous détourner de cette expérience spirituelle à la portée de tous. Durant ce temps, la nourriture terrestre fait place à plus de nourriture céleste, voilà le sens véritable du Carême.

Oraison pour l’humanité

“Inclinez vos têtes en présence de Dieu,

Jetez un regard favorable Seigneur sur vos fidèles qui inclinent la tête en présence de votre souveraine majesté; et comme votre don divin les a réconfortés, que les grâces du ciel continuent de les nourrir”

En union de prière avec vous tous

Père Robert

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