Epître du Bon Apôtre Pierre 1,2,21-25
C’est à cela qu’il vous a appelés; il vous a laissé un exemple afin que vous suiviez ses traces. Il n’a pas commis de péché ; aucun mensonge n’est jamais sorti de sa bouche. Quand on l’a insulté, il n’a pas répondu par l’insulte ; quand on l’a fait souffrir, il n’a pas formulé de menaces, mais il s’en est remis à Dieu qui juge avec justice. Dans son propre corps, il a porté nos péchés sur la croix, afin que nous mourions au péché et que nous vivions d’une vie juste. C’est par ses blessures que vous avez été guéris. Car vous étiez comme des moutons égarés, mais maintenant vous avez été ramenés à celui qui est votre berger et qui veille sur vous.
Evangile: St Jean 10,11-16
Je suis le bon berger. Le bon berger est prêt à donner sa vie pour ses brebis. L’homme qui ne travaille que pour de l’argent n’est pas vraiment le berger ; les brebis ne lui appartiennent pas. Il les abandonne et s’enfuit quand il voit venir le loup. Alors le loup se jette sur les brebis et disperse le troupeau. Voilà ce qui arrive parce que cet homme ne travaille que pour de l’argent et ne se soucie pas des brebis. Je suis le bon berger. Je connais mes brebis et elles me connaissent, de même que le Père me connaît et que je connais le Père. Et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas dans cet enclos. Je dois aussi les conduire ; elles écouteront ma voix, et elles deviendront un seul troupeau avec un seul berger.
Homélie:
Je suis le bon Pasteur …le bon Berger…
En ce 2e dimanche après Pâques, la liturgie décline le sens de la Résurrection. Lorsque nous proclamons : la Résurrection est notre Vérité de chrétien. Nous sommes désemparés si on doit donner une explication à cela. La Résurrection ne s’explique pas mais elle se vit et elle se ressent, à l’intérieur, dans le silence et la profondeur du cœur.
L’image du bon Pasteur, bon berger elle vient de très loin dans les écritures.
Dans AT, c’est Dieu qui est le berger d’Israël (Psaume 23, l; Isaie 40, Il ; Jérémie, 31, 10). Il conduit son troupeau, veille sur lui et le protège.
Ps 23
01 Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. *
02 Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles
03 et me fait revivre ; * il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.
04 Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, * car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.
05 Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; * tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.
06 Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; * j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
Lorsque Jésus utilise cette formule : Je suis le bon Pasteur, il fait référence à ce psaume où tout est dit : la douceur, la tranquillité, le chemin
Puis la Résurrection qui conduit au-delà de la mort et enfin l’entrée dans le Royaume avec le repas éternel et le bonheur d’être dans la maison du Seigneur.
Lorsque Jésus prononce une parole en lien avec les Écritures, pour les juifs il ne fait aucun doute que toute la profondeur et la force du psaume 22 leur vient en mémoire et donne à cette parole l’enracinement dans la parole divine.
Cet Évangile passe sans cesse d’un sens de premier degré qui parle d’un berger et de son troupeau de brebis à un sens spirituel qui évoque notre relation au Christ Jésus qui conduit le peuple de Dieu vers la maison du Père.
Ces deux images sont mélangées en permanence pour mieux nous faire ressentir le sens de ses paroles. Les brebis écoutent la voix du berger comme nous écoutons la parole des Évangiles. C’est dans cette écoute que se dessine le chemin. C’est cette voix qui parle à notre cœur et qui nous ouvre aux réalités célestes.
Pierre dans l’Épitre de ce jour évoque aussi les brebis mais pas n’importe lesquelles : les brebis égarées. Nous sommes souvent semblables à cette image des brebis égarées.
Nous avons des doutes, des incertitudes et parfois des angoisses et des terreurs face aux épreuves de la vie. Nous sommes fragiles et certains évènements peuvent nous disperser comme le loup évoqué dans l’Évangile. Le Christ ressuscité est bien celui qui rassure et nous protège, celui qui nous rassemble et qui nous redonne confiance.
Le Christ ressuscité est celui qui nous redonne notre unité, il nous recentre sur nous-même et nous plaçons nos pas dans les siens pour avancer. A côté de lui nous savons le chemin car il est le chemin. Il est le bon berger qui frappera à la porte étroite pour nous ouvrir à la joie de la résurrection dans l’éternité du paradis
Amen